Thème : qu’est-ce qui rend les « figues » bonnes ou mauvaises ?
Deux paniers pouvaient sembler identiques de l’extérieur. Tous deux étaient placés devant le temple de Jéhovah et contenaient des figues. Pourtant, en regardant leur contenu, la différence était énorme : les unes étaient excellentes et les autres étaient si abîmées qu’on ne pouvait pas les manger.
Jéhovah s’est servi de cette image pour enseigner que le plus important n’était pas l’endroit où se trouvaient les Juifs ni l’apparence qu’ils donnaient, mais l’attitude de leur cœur. Certains étaient exilés à Babylone, mais ils s’étaient repentis et voulaient revenir à Jéhovah. D’autres restaient à Jérusalem ou avaient fui en Égypte, mais ils continuaient à désobéir. La différence tenait à leur façon de réagir à la discipline de Jéhovah.
Premièrement, les Juifs exilés qui s’étaient repentis étaient comme de bonnes figues.
Jérémie 24:1, 2
« Puis Jéhovah m’a montré deux paniers de figues placés devant le temple de Jéhovah. C’était après que Nabuchodonosor, roi de Babylone, eut emmené en exil Jekonia, fils de Joachim, roi de Juda, ainsi que les princes de Juda, les artisans et les forgerons ; il les avait emmenés de Jérusalem à Babylone. Un panier contenait de très bonnes figues, comme les figues précoces, mais l’autre panier contenait de très mauvaises figues, si mauvaises qu’on ne pouvait pas les manger. »
Jekonia, appelé aussi Joakin, n’était roi que depuis trois mois et dix jours quand il a livré Jérusalem à Nabuchodonosor. Parmi les captifs se trouvaient Daniel, Hanania, Mishael, Azaria et Ézéchiel. À première vue, on pourrait penser que ces exilés avaient reçu le pire traitement : ils ont perdu leur foyer, leur ville et leur liberté.
Pourtant, Jéhovah voyait que parmi eux il y avait des personnes qui accepteraient la discipline et reviendraient à lui avec un cœur repentant. C’est pourquoi il les a comparées à de très bonnes figues.
Jérémie 24:5-7
« Voici ce que dit Jéhovah, le Dieu d’Israël : “Comme ces bonnes figues, je considérerai comme bons les exilés de Juda, que j’ai envoyés de ce lieu au pays des Chaldéens. Je garderai les yeux sur eux pour leur bien et je les ferai revenir dans ce pays. Je les bâtirai et je ne les démolirai pas ; je les planterai et je ne les déracinerai pas. Et je leur donnerai un cœur pour me connaître, pour qu’ils sachent que je suis Jéhovah. Ils seront mon peuple et je serai leur Dieu, car ils reviendront à moi de tout leur cœur.” »
Jéhovah garderait les yeux sur eux « pour leur bien ». L’exil était une discipline douloureuse, mais cela ne voulait pas dire qu’il les avait abandonnés. Il savait que certains tireraient une leçon de ce qui s’était passé.
Quatre-vingts ans plus tard, en 537 avant notre ère, Jéhovah a fait en sorte que le roi Cyrus autorise un reste de leurs descendants à retourner en Juda. Ils ont reconstruit Jérusalem, bâti un nouveau temple et rétabli le vrai culte. Ainsi s’est réalisée la promesse de les bâtir, de les planter et de les faire revenir.
Qu’est-ce qui a fait d’eux de « bonnes figues » ? Ce n’est pas seulement d’avoir subi l’exil, mais leur réaction. Ils ont accepté la discipline et sont revenus à Jéhovah « de tout leur cœur ».
Cela nous enseigne qu’une expérience douloureuse peut produire de bons résultats si nous acceptons la direction de Jéhovah. Une correction biblique, un conseil des anciens ou les conséquences d’une mauvaise décision peuvent faire mal. Mais si nous réagissons avec humilité, ils peuvent nous rapprocher de Jéhovah.
Le deuxième point présente le contraste : les Juifs désobéissants qui ne s’étaient pas repentis étaient comme de mauvaises figues.
Jérémie 24:8-10
« “Mais au sujet des mauvaises figues qu’on ne peut pas manger tant elles sont mauvaises, voici ce que dit Jéhovah : ‘Ainsi je considérerai Sédécias, roi de Juda, ses princes, le reste de Jérusalem qui demeure dans ce pays et ceux qui habitent au pays d’Égypte. Je ferai d’eux un objet d’horreur et de malheur pour tous les royaumes de la terre, un objet d’insultes, un sujet de proverbes, un motif de moquerie et une malédiction dans tous les lieux où je les disperserai. Et j’enverrai contre eux l’épée, la famine et la peste, jusqu’à ce qu’ils disparaissent du pays que je leur ai donné, à eux et à leurs ancêtres.’” »
Sédécias a été un exemple évident de « mauvaise figue ». Il a rompu le serment de fidélité qu’il avait fait au nom de Jéhovah à Nabuchodonosor et il a rejeté la compassion que Jéhovah lui manifestait par l’intermédiaire de Jérémie. Au lieu de s’humilier, il a continué à faire le mal et il a même emprisonné le prophète.
D’autres Juifs ont fui en Égypte pour chercher une protection malgré les avertissements de Jérémie. Mais ils n’ont pas changé leur cœur. Là-bas, ils se sont remis à pratiquer la même idolâtrie qui avait provoqué le jugement contre Juda. Finalement, les prophéties de Jéhovah les ont atteints eux aussi quand Nabuchodonosor a conquis l’Égypte.
Le problème n’était donc pas de vivre à Jérusalem, à Babylone ou en Égypte. La question était de savoir s’ils étaient disposés à écouter Jéhovah. Ceux qui ont persisté dans la désobéissance ont été comme des figues pourries : ils n’ont pas accepté la discipline et n’ont pas fait de changements.
Cette comparaison nous met en garde contre un danger. Une personne peut rester proche de la congrégation, assister aux réunions et garder une apparence spirituelle, mais si elle refuse de corriger une mauvaise conduite, son cœur peut se dégrader. Être physiquement proche du peuple de Dieu ne remplace pas un repentir sincère.
Nous ne pouvons pas non plus échapper aux conséquences d’une mauvaise conduite en changeant seulement de circonstances. Déménager, changer de congrégation ou cacher un problème ne transforme pas le cœur. Ce qu’il faut, c’est reconnaître son erreur, demander de l’aide et revenir à Jéhovah.
Enfin, nous, chrétiens, nous pouvons être comme de bonnes figues si nous nous examinons sincèrement et si nous faisons les changements nécessaires.
Nous ne devons pas penser que ce récit s’applique uniquement à ceux qui commettent des fautes graves. Nous, serviteurs de Jéhovah, nous formons un peuple pur et fidèle, mais nous sommes tous imparfaits. C’est pourquoi notre cœur a besoin d’un examen constant.
David, bien qu’il ait été un homme juste, n’a pas considéré comme allant de soi que tout allait bien en lui. Il a demandé à Jéhovah de l’examiner.
Psaume 139:23, 24
« Sonde-moi à fond, ô Dieu, et connais mon cœur. Examine-moi et connais mes pensées inquiètes, et vois s’il y a en moi une voie qui fait souffrir. »
Quelle belle attitude ! David n’a pas demandé à Jéhovah d’examiner d’abord les autres. Il a dit : « Examine-moi. » Nous pouvons faire de même en lisant la Bible, en écoutant un discours ou en recevant un conseil. Au lieu de penser à qui d’autre a besoin de cette information, demandons-nous : « Qu’est-ce que Jéhovah me dit à moi ? Y a-t-il quelque chose que je dois corriger ? »
L’auto-examen peut porter sur notre façon de parler, nos divertissements, notre utilisation d’Internet, nos fréquentations, la manière dont nous traitons notre famille ou notre attitude envers la prédication et les réunions. Nous découvrirons peut-être une tendance qui commence à affaiblir notre amitié avec Jéhovah.
Dans ce cas, il ne suffit pas de la reconnaître. Les bonnes figues représentaient ceux qui sont revenus à Jéhovah de tout leur cœur. Nous devons faire des changements concrets : supprimer quelque chose de nuisible, demander de l’aide, renforcer notre routine spirituelle ou accepter un conseil qui nous coûtait auparavant.
Ne nous décourageons pas si Jéhovah nous aide à découvrir une faiblesse. La voir est une occasion de la corriger. Jéhovah a gardé les yeux sur les exilés « pour leur bien ». Quand il nous corrige, il ne cherche pas non plus à nous humilier, mais à nous protéger et à nous aider à progresser.
Alors, qu’est-ce qui rend les « figues » bonnes ou mauvaises ? Ce n’est pas l’apparence, l’endroit où elles se trouvent ni les difficultés qu’elles ont connues. La différence réside dans l’attitude du cœur. Les bonnes figues ont accepté la discipline, se sont repenties et sont revenues à Jéhovah. Les mauvaises ont persisté dans leurs propres voies et ont rejeté les avertissements.
Continuons à demander à Jéhovah d’examiner notre cœur. Et quand sa Parole nous montre quelque chose que nous devons changer, agissons avec humilité. Ainsi nous montrerons que nous voulons le servir de tout notre cœur et nous serons pour lui comme ces très bonnes figues.
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